Ode à la 8.6

Tu n’as lu que le titre et déjà tu pensais  » 8.6, la bière des clochards  » ? Alors, cet article est fait pour toi. Il est temps d’arrêter les préjugés hâtifs.

Je me sens investie d’une mission, celle de redonner à la 8.6 ses lettres d’ivresse de noblesse. Pourquoi ? Parce que j’ai toujours eu horreur de la discrimination. Comment ? En te donnant 5 bonnes raisons de respecter cette bière trop souvent bafouée.

  1. ELLE NE DÉÇOIT JAMAIS. Quand tu prends volontairement la décision d’acheter des canettes de 50 cl en grande surface, c’est que t’as l’intention de te faire péter la carafe. Et figure-toi qu’avec la 8.6, le résultat est garanti. Journaliste de l’extrême, j’ai fait le test une fois, ok une vingtaine de fois, et avec quelques canettes, tu seras pas déçu du voyage. Je t’assure un lendemain de soirée assez difficile, des trous de mémoire et une bonne migraine.
  2. ELLE EST ABORDABLE mais ne t’aidera pas forcément à aborder. Moins de 2€, c’est probablement ça qui tente les plus démunis. Encore une fois, si t’achètes ta bière avant la soirée, en 50, dans une canette, c’est que t’as pas envie de faire flamber ta CB. Alors ne la juge pas sur son prix (pour le goût, on verra ça plus tard).
  3. ELLE EST ÉCOLOGIQUE. Si, je t’assure. Tu l’ignores peut être mais il y a des bières dont la composition ferait pâlir José Bové : maïs OGM, vessie natatoire, propylène glicol,… (bref, une bonne liste de trucs pas très healthy). Dans les bières concernées, tu peux retrouver la Corona (#heartbreak), la Guinness (#heartbreak2) ou encore la Budweiser. Alors que, l’entreprise Bavaria, d’où proviennent les 8.6, est une des rares brasseries à produire son propre malt, et même à avoir sa propre source d’eau. Et puis, les canettes en métal se recyclent beaucoup mieux que celles en verre.
  4. ELLE EST DÉLICIEUSE. Non, je déconne. Elle est plutôt dégueulasse. L’autre jour on m’a dit que c’était un mélange entre du fer et du sang. J’ai eu du mal à justifier pourquoi je buvais ça. Disons que fraîche, elle passe quand t’as déjà bu pas mal, que t’es pas venu pour enfiler des perles et qu’il est l’heure de te la coller. Il paraît qu’elle est sensée avoir un goût de réglisse, mais c’est un peu comme le beaujolais nouveau et son arrière goût banane, de la fiction. Si vraiment tu l’achètes pour le plaisir des papilles, alors dis-toi que c’est de l’économie en canette, le nectar de l’épargne (pour ton compte, pas pour ton foie). Si tu fermes les yeux, tu te retrouves dans un club anglais, pendant un concert de garage rock, en train de t’enfiler un fond de gobelet tiédasse. Bref, elle fait voyager.
  5. ELLE SERA RIEN QU’À TOI. Parce que contrairement à une bière de grande qualité, un rhum à plus de dix balles, ou n’importe quoi de plus buvable, personne n’aura envie de te la piquer. Tu vas pouvoir tiser tranquillement, sous les yeux remplis de jugement des autres convives. 

Si après ça, t’as toujours pas changé d’avis, je.. je comprends. Si tu es un vrai amateur de bière, je partage ta peine. Je vis la même chose quand on me propose un mojito au Schweppes. Mais par pitié, arrête de dire que c’est une bière de clochard. C’est aussi une bière de radins, de pochasses, ou tout simplement d’étudiants.

Je tenais tout de même à lui rendre hommage. Grâce à elle, le caissier du Carrefour City de mon quartier me prend pour une pochtronne. Mes amis me prennent pour une pochtronne. Les gens dans la rue me prennent pour une pochtronne. Mon banquier doit penser quant à lui que j’ai du arrêter l’alcool. Mon foie doit presque regretter l’époque où je ne buvais que du rhum. Grâce à Bavaria, j’ai l’impression que ma vie est une chanson de Doc Gyneco, (Dans ma rue. Oui, j’ai des références très années 90) ou encore que Benjamin Biolay m’a dédié un morceau (Palermo Spleen, et ouaais, le 8.6 est partout).

Tout ça pour dire que, la 8.6 est plus surprenante qu’il n’y paraît. Que finalement, on s’y attache. Elle a ses bons et ses mauvais côtés. Mais elle ne mérite pas toute cette haine, tous ces regards dégoûtés, ces jugements. De toute façon, elle est plus forte que tout ça et puis moi, je l’aime quand même.

PS : je n’ai pas écrit cet article sous l’emprise de l’alcool. (et il faut évidemment la consommer avec modération.. et n’importe qui d’autre.)

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s